Lancement prochain de la sonde Solar Orbiter

Le 6 février prochain (début de la fenêtre de tir de 19 jours), la sonde Solar Orbiter de l’agence spatiale européenne sera lancée du centre spatial Kennedy en Floride pour un périple de plusieurs années autour du Soleil. Le LPC2E a conçu et réalisé le capteur de champ magnétique alternatif SCM (Search Coil Magnetometer) intégré à l’expérience RPW (Radio and Plasma Waves) de Solar Orbiter.

Le 6 février prochain (début de la fenêtre de tir de 19 jours), la sonde Solar Orbiter de l’agence spatiale européenne (ESA) sera lancée du centre spatial Kennedy en Floride pour un périple de plusieurs années autour du Soleil. En utilisant plusieurs fois l’assistance gravitationnelle de Vénus, Solar Orbiter se rapprochera du Soleil jusqu’à moins d’un tiers de la distance Terre-Soleil, tout en sortant du plan de l’écliptique. La sonde fournira ainsi les images les plus proches du Soleil jamais effectuées ainsi que les premières images des pôles de notre étoile. Le satellite de la taille d’une camionnette embarque 180 kg de charge utile répartie dans 4 instruments mesurant le plasma au niveau du satellite et 6 instruments chargés d’analyser la lumière émise par le Soleil. 

La spécificité de la mission réside dans l’association de ces deux types de mesures (« in situ » et à distance) pour comprendre comment le Soleil contrôle le milieu interplanétaire, également appelé héliosphère, et impacte les planètes et en particulier la Terre.  Les mystères à résoudre sont nombreux, de l’origine du vent solaire qui remplit l’espace à la génération et la variabilité du champ magnétique de notre étoile, en passant par les éruptions solaires qui peuvent affecter les technologies que nous utilisons sur Terre, comme le GPS. Solar Orbiter jouera également un rôle crucial pour la mission Parker Solar Probe de la NASA, une sonde cousine lancée en aout 2018 qui s’approche plus près du Soleil mais effectue seulement des mesures du plasma « in situ ».

La communauté scientifique française a fortement contribué à la mission en fournissant plusieurs instruments permettant la mesure des particules et des champs électriques et magnétiques du vent solaire ainsi que l’observation de l’atmosphère de notre étoile. Le Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Espace (LPC2E) du CNRS à Orléans a en particulier conçu et réalisé le capteur de champ magnétique alternatif SCM (Search Coil Magnetometer) intégré à l’expérience RPW (Radio and Plasma Waves).  Ce capteur permettra de caractériser les variations du champ magnétique et de mieux comprendre la dynamique du vent solaire. Pour bien mesurer le champ magnétique du milieu, et non celui généré par le satellite ou les autres instruments, SCM se situe avec 3 autres capteurs à mi-hauteur d’un mât déployable à 2 mètres de la plateforme. Il sera ainsi dans l’ombre du bouclier thermique qui protège cette plateforme, soumis à une température extérieure de -145°C mais ramenée à -50°C grâce à un système de chauffage et une couverture thermique.

La sonde Solar Orbiter à l’approche du Soleil (vue d’artiste, crédit ESA). Le capteur SCM se situe au milieu du mât à l’arrière du satellite et à deux mètres de celui-ci.
Le capteur SCM réalisé au LPC2E avant livraison et sans sa couverture thermique. Les 3 antennes magnétiques sont montées sur un support isolant à l’intérieur duquel se trouvent un préamplificateur miniature et un réchauffeur. La hauteur du capteur est de 16 cm.